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Thursday, December 12, 2019

Le fédéral rate-t-il la cible en s'attaquant aux armes d'assaut?


L'expression arme de poing a sa définition dans la loi, mais il n'existe pas de définition juridique des termes « fusil d'assaut » ou « arme d'assaut » au Canada.

Un fusil d'assaut. / Picture: Piqsels/Creative Commons

Toronto est en tête du palmarès des villes où sont commis le plus de crimes violents liés aux armes à feu au pays. Le gouvernement fédéral prépare un projet de loi afin de bannir les armes d’assaut, mais 60 % des armes saisies par la police en lien avec un crime à Toronto sont des armes de poing, pas d'assaut. 

« Bien que les armes d’assaut représentent une grande dangerosité [...], elles ne sont pas aussi répandues que les armes de poing », confirme Francis Langlois, spécialiste de la culture des armes à feu et professeur d'histoire au Cégep de Trois-Rivières, au Québec.

Francis Langlois note que, bien que les armes dites d’assaut soient plus létales étant donné la façon dont elles sont fabriquées, il reste que dans de grandes villes comme Toronto ou Montréal, ces armes « difficiles à cacher et à obtenir » sont moins souvent utilisées dans les crimes que des armes de poing.


Le service de police de la Ville Reine a saisi un total de 831 armes utilisées dans les crimes en 2018 (comprenant des armes à feu, mais aussi des pistolets-jouets et des fusils à air comprimé).

De ces armes, 58,5 % étaient des pistolets, revolvers et pistolets de poche – qui tombent sous la définition d'armes de poing. Si l'on ajoute les fusils et carabines à canon scié – armes modifiées pour être manipulées à une main, c'est-à-dire aussi facilement qu'une arme de poing dans les faits – le pourcentage monte à 63,7 %.


Selon Statistique Canada, 57,4 % des homicides perpétrés avec une arme à feu dans tout le pays en 2018 ont été commis avec une arme de poing – un pourcentage qui augmente à 64,7 % si l'on inclut les fusils et les carabines à canon scié.

À noter que certaines armes automatiques ou semi-automatiques peuvent aussi être manipulées avec une main, selon le modèle.

Pas de définition légale des armes d'assaut


« Comme promis aux Canadiens lors de la dernière élection, nous allons interdire les armes d'assaut de type militaire », a indiqué le ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile par écrit à Radio-Canada.

« Forts des conseils avisés du Programme canadien des armes à feu, nous fournirons plus de détails en temps voulu. » Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, dit être en train d’élaborer une liste d'armes qui seront prohibées.

Mais alors que l'expression arme de poing a sa propre définition dans la loi canadienne, il n'existe pas de définition juridique des termes « fusil d'assaut » ou « arme d'assaut » au Canada. « Par conséquent, le PCAF [Programme canadien des armes à feu, NDLR] ne maintient aucun de ces deux termes comme catégorie de classification pour la saisie et la communication de statistiques sur les armes à feu », selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Il est ainsi difficile de déterminer le réel impact des armes d'assaut de type militaire dans les crimes commis à l'échelle du Canada à l’heure actuelle.

« Ce qui sert dans certains crimes aux États-Unis – on ne l’a pas trop vu au Canada encore – ce sont des armes dites d'assaut, militaires. Comment le définir au Canada? Il faudra trouver la définition idéale avant de penser à les bannir », estime François Doré, ancien policier à la Sûreté du Québec.

Approche locale d'un problème national


Quant aux armes de poing, le gouvernement souhaite laisser aux municipalités le soin de les réglementer.

« Nous comprenons que chaque ville et chaque province a des besoins et des préoccupations spécifiques, et notre plan est de travailler avec les provinces et les municipalités en les autorisant à adopter des exigences supplémentaires pour restreindre l'entreposage et l'utilisation des armes de poing sur leur territoire », a répondu le gouvernement fédéral par écrit à Radio-Canada.

Cela changerait-il quelque chose au trafic des armes à feu?

« Absolument pas », répond l'ancien policier François Doré. « Ce ne sera pas très efficace de le faire de cette façon-là », renchérit le professeur Francis Langlois.

Même son de cloche à l’hôtel de ville de Toronto. La conseillère municipale Kristyn Wong-Tam croit qu’une « interdiction nationale des armes de poing » est nécessaire.

« J’ai l’impression que le gouvernement libéral veut ménager la chèvre et le chou dans la mesure où il applique une espèce de fédéralisme asymétrique », pense Francis Langlois.

« En laissant aux villes le soin de réglementer, [le gouvernement] se dit peut-être que [...] dans l’Ouest par exemple, où les gens sont plus ouverts à la possession d’armes à feu et potentiellement d’armes de poing ''on réglementera de la façon dont on l’entend et dans l’Est et au centre du Canada, on pourra réglementer de façon plus stricte''. »

Francis Langlois, qui est également membre associé à l'Observatoire des États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, souligne que les interdictions locales ont déjà été essayées sans vraiment fonctionner : il n’y a qu’à regarder chez nos voisins du Sud.

« Par exemple, ils ont interdit la vente d'armes à feu et le port d'armes et toutes sortes de choses sur le territoire de Chicago, mais d'immenses magasins se sont installés en périphérie de la ville. Et on le voit dans les études qui traitent des armes retrouvées sur les lieux de crimes, ces armes viennent beaucoup de la périphérie. » 
- Francis Langlois, professeur en histoire au cégep des Trois-Rivières

Il y a bien sûr des différences avec les États-Unis. Les armes sont mieux régulées au Canada qu’aux États-Unis, ce qui explique en partie le taux moindre d’homicides – et de suicides – par arme à feu au Canada en comparaison.

Toronto demande que le fédéral interdise les armes de poing


Lors de la réunion du conseil municipal du 26 novembre, la motion HL11.1 a été adoptée. Elle exhorte le gouvernement fédéral à bannir les armes de poing au pays, et demande à la province d'interdire la vente de munitions à Toronto et de renforcer la législation sur la vente d'armes à feu.

En effet, les conseillers eux-mêmes ne croient pas en une interdiction municipale comme le propose le gouvernement fédéral.

« De ce que je comprends, beaucoup d’armes de poing sont déjà illégales et interdites, et sont importées dans notre ville pour commettre ces crimes. Que faisons-nous à ce propos? Je n’en sais rien. » 
- Josh Matlow, conseiller municipal de Toronto-St.Paul's

Kristyn Wong-Tam, conseillère municipale de Toronto-Centre, renchérit : « Quand on pense au fait qu’on ne peut déjà pas réglementer le bruit dans la ville de Toronto, il n’y a aucune chance pour que nos agents chargés de l'application des lois puissent réglementer les armes de poing. »

« Nous devons mieux comprendre ce problème et donner un cadre à cette discussion », a pour sa part déclaré Michael Thompson, le conseiller de Scarborough-Centre, « car honnêtement, cela fait 17 ans que je suis ici et 17 ans plus tard, on pose encore les mêmes questions et on parle toujours du même problème ».

Une facilité d’accès


Un des éléments problématiques, selon François Doré, est la facilité avec laquelle ces armes-là peuvent être acquises partout au Canada, qu'elles viennent de l'intérieur du pays ou des États-Unis.

Selon la GRC (Gendarmerie royale du Canada), « le Programme canadien des armes à feu (PCAF) ne recueille ni ne suit de statistiques sur l'origine des armes à feu illégales ou volées ». Seuls les services de police concernés le font.

« Les processus et/ou les politiques peuvent différer d'un service à l'autre, de même que les exigences en matière de déclarations », précise la caporale Caroline Duval, de la GRC.

Limiter la prolifération d’armes « prend de la réglementation, oui, mais ça prend des services policiers qui sont efficaces, qui vont pouvoir saisir ces armes-là », dit François Doré.

Dans une réponse écrite à Radio-Canada, le bureau du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile rappelle les investissements réalisés par le gouvernement pour lutter contre la violence armée.

« Nous avons investi 86 millions de dollars dans l'ASFC [Agence des services frontaliers du Canada] et la GRC pour lutter contre le trafic d'armes à feu et 65 millions de dollars en Ontario pour des initiatives visant à prévenir et à combattre la violence armée et les gangs. » 
- Le ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile

L’achat d’armes par le biais de personnes avec un casier vierge qui les revendent sur le marché noir semble en tout cas prendre de l'ampleur.

Justin Green, un ancien étudiant en philosophie à l'Université de Toronto, a acheté légalement 23 armes de poing sur une période de 22 mois à compter de 2011, dont 15 d'un seul endroit, puis les a revendues illégalement.

La même année, Andrew Winchester a acheté 47 armes de poing dans la région de Toronto au cours d'une période de six mois et les a vendues sur le marché noir pour un montant pouvant atteindre 100 000 $.

Wes Winkel, propriétaire du magasin d'articles de sport Ellwood Epps à Severn, en Ontario, indique que les détaillants tiennent déjà des registres de vente depuis des années, mais que les autorités n'utilisent pas efficacement cette information pour repérer rapidement les acheteurs frauduleux. « Pour une raison quelconque, le temps qu'il faut aux forces de l'ordre pour identifier un acheteur agissant en tant que prête-nom est trop long. »

Jusqu'au 9 décembre de cette année, il y a eu 458 fusillades à Toronto, soit 20 % de plus que l'an dernier.

Cet article a été publié sur CBC/Radio-Canada

Tuesday, November 19, 2019

Des négociations en éducation risquées pour le gouvernement Ford


Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford / Picture: Wikimedia Commons

Le gouvernement provincial et les syndicats d’enseignants ont tous quelque chose à perdre s’ils n’avancent pas avec prudence lors de ces négociations, selon des experts.

Le ministre ontarien de l’Éducation, Stephen Lecce, a demandé aux syndicats d'enseignants d'accepter la nomination d'un médiateur pour tenter de dénouer l'impasse dans les négociations contractuelles. « Je crois qu'il s'agit de la bonne approche, car elle a été mise en œuvre dans le cadre de la récente entente conclue avec le SCFP, qui a contribué à faire en sorte que les élèves demeurent dans un milieu d'apprentissage positif et sécuritaire », a déclaré le ministre dans un communiqué lundi soir.

Plusieurs syndicats se disent disposés à travailler avec un médiateur, tout en ayant un mandat de grève dans leur arsenal au cas où les négociations n’aboutiraient pas. D’ailleurs, l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, le seul syndicat à ne pas avoir tenu de votes de grève jusqu'ici, commence à s'impatienter aussi et estime que les pourparlers semblent aller droit dans le mur.

Le gouvernement Ford est-il dans une impasse politique?


Il est vrai que la cote de popularité du gouvernement provincial n’est pas sensationnelle actuellement, et encore moins du côté des syndicats de l’éducation. « Il y a toujours eu une relation difficile entre les syndicats du milieu de l’éducation et le gouvernement, tous gouvernements confondus », dit Geneviève Tellier, professeure titulaire à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa.
Aussi, la population a généralement une certaine sympathie envers les syndicats de l’éducation, surtout les parents qui « voient les services à leurs enfants diminuer; ça aussi ça joue à l’avantage des enseignants ».

Les répercussions politiques d’une grève pour le gouvernement Ford se feraient donc sentir. Mais pas outre mesure, selon la politologue. « J’ai envie de dire : ça peut pas être pire! »

« C’est sûr que, s’il y a une grève en ce moment, ça ne plairait pas à la majorité des gens; quoique ça pourrait plaire à certains quand même, parce que ça montrerait que le gouvernement [...] veut revenir à l’équilibre budgétaire et ne veut pas s’éloigner de ce plan-là, donc ça pourrait séduire une partie de l’électorat. »
- Geneviève Tellier, politologue

Comme les prochaines élections provinciales sont dans plus de deux ans, elle pense que le gouvernement aurait toujours le temps de redorer son blason.

Louis Durand, professeur en relations industrielles à l'Université Laurentienne, n’en est pas si sûr. « La base conservatrice dans la province semble avoir vraiment diminué depuis les élections. »

Et le gouvernement en est conscient, selon lui. « Depuis six mois, [le gouvernement] semble être vraiment préoccupé par le taux de satisfaction et est prêt à faire des concessions sur l’agenda politique pour améliorer sa popularité auprès de l’électorat », note-t-il.

Ce qui joue en faveur du gouvernement Ford


Le professeur souligne que, malgré une certaine sympathie de base pour les syndicats de l’éducation, « si les associations syndicales allaient vers une grève générale et illimitée sans prendre de précautions, sans avertir les parents et ainsi de suite, ça pourrait faire basculer un peu de l’opinion publique du côté du gouvernement ».

« La manière dont les associations syndicales vont utiliser les moyens de pression est très, très importante », ajoute-t-il. « Du côté du gouvernement, si on a une approche trop rigide [dans] le secteur de l’éducation, les problèmes vont continuer pour les deux prochaines années. » Chaque partie doit donc jouer finement.




Le gouvernement, au besoin, pourrait aussi faire adopter une loi spéciale pour forcer le retour au travail des enseignants. La libérale Kathleen Wynne l’avait fait en 2015. « Le gouvernement Ford pourrait aller jusqu’à cette étape-là. Par contre, je pense que, politiquement, le gouvernement est très conscient que le prix à payer peut être très élevé », dit Louis Durand.

Geneviève Tellier tient à rappeler que personne ne veut faire la grève, « mais les discussions sont un peu bloquées en ce moment; donc [il y] a un besoin d’aide externe, d’où la recherche d’un médiateur ».

Au final, conclut-elle, ce qui jouera lors de ces négociations est « la question de la crédibilité du message de Ford : est-ce qu’on croit que le gouvernement veut gérer autrement, qu’il recule sur sa façon de faire de la dernière année, et si oui, qu’en est-il de la menace de grève? »

Cet article a été publié sur CBC/Radio-Canada

Thursday, September 26, 2019

Caroline Mulroney veut mener à terme la réforme de la Loi sur les services en français

Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones de l'Ontario / Photo:Radio-Canada


La ministre des Affaires francophones de l'Ontario se donne jusqu'à la fin du premier mandat du gouvernement Ford pour terminer la réforme de la Loi sur les services en français.

« C’est un grand projet », a déclaré la ministre lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada ce matin. « Je veux absolument faire ce travail en consultation avec la communauté francophone. J’ai un comité consultatif qui me donne des conseils. »

La ministre explique que le gouvernement a commencé, par exemple, la simplification du processus de désignation qui va informer la modernisation de la loi, et a même lancé un projet pilote qui concerne deux autres ministères.

« C’est une question de moderniser ce processus pour refléter la façon [dont] les francophones à travers la province sont en train de travailler avec ces organismes », a-t-elle rappelé.

La ministre a confié : J’aimerais bien sûr que ce soit fait avant la fin de ce mandat que nous avons avant d’expliquer vouloir faire les choses dans l’ordre, par étapes : On ne veut pas faire ça dans les coulisses de Queen’s Park, on veut faire ça de façon ouverte avec la communauté.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), précise que son organisation a aussi travaillé de son côté sur la réforme de la Loi sur les services en français : «  On a un document qui est tout près d’être adopté et qu’on va partager avec madame la ministre ».

L'Université de l'Ontario français


Caroline Mulroney défend le gouvernement qui, selon elle, « a été honnête dès le début sur le fait qu’il n’avait pas les moyens financiers de soutenir, par exemple, le projet de l’Université de l’Ontario français. Mais on a toujours été à l’écoute ».

À la suite du dévoilement du budget, en avril, le gouvernement a fait volte-face et « a commencé à développer un plan ». Selon la ministre, « c’est notre gouvernement qui a pris le temps de voir l’état des choses et de trouver un moyen de pouvoir faire avancer ce projet. C’est un grand projet de société pour la francophonie ontarienne ».

Le président de l'AFO est optimiste et qualifie le projet de l’Université de l’Ontario français comme « le plus beau dossier » depuis l’événement de l’hôpital Montfort, il y a une vingtaine d’années. « Je pense qu’on est sur la bonne voie et qu’on est capables d’accomplir des belles choses ensemble », conclut-il.

Mike Schreiner, le leader du Parti vert de l’Ontario, pense cependant que, sur ce dossier, « il va falloir garder la pression [sur le gouvernement] pour s’assurer qu’il tient sa promesse ».

Une année mouvementée pour les Franco-Ontariens


La ministre des Affaires francophones admet que « ça a été une année mouvementée pour la francophonie en Ontario ».

Elle dit vouloir absolument « protéger [et] faire avancer les services de première ligne pour les francophones » et estime que, « sous [l'autorité du] bureau de l’ombudsman, ce travail va continuer à se faire ».

Enfin, pour ce qui est des relations entre le gouvernement Ford et les Franco-Ontariens, la ministre « veut absolument qu’elles continuent à s’améliorer et elle pense que du progrès a été fait ».

Pour John Fraser, leader par intérim du Parti libéral de l’Ontario, la décision concernant le commissaire aux services en français était « une erreur de la part du gouvernement ». Il précise que cette décision était prise dans le but d’économiser de l’argent, « alors que l’on sait que le déficit n’était pas ce qu’ils avaient [initialement] dit ».

« Le gouvernement va devoir faire plus pour rebâtir la confiance », lance M. Fraser.

Ce texte a été publié sur CBC/Radio-Canada

Tuesday, September 24, 2019

Un syndicat d'enseignants veut négocier sur la place publique

Harvey Bischof, président de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario / Photo: Myriam Eddahia


La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEÉSO) veut rendre publiques ses demandes pour une nouvelle convention collective.

La décision de la FEÉSO Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario survient alors que les négociations entre le syndicat et le gouvernement n’ont pas encore officiellement commencé.

« Nous rendrons chaque étape de notre processus de négociation transparente. Nous invitons le public à regarder de près le plan que nous proposons », a déclaré Harvey Bischof, président de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario.

Les trois principes clés du syndicat sont les suivants :

  • s’assurer que les étudiants puissent avoir accès à la meilleure éducation possible;
  • s’assurer que la convention collective respecte les contributions du personnel de l’éducation et respectent les contribuables;
  • faire en sorte que les négociations dans l’environnement actuel requièrent d’être conduites de façon transparente et ouverte.
Les propositions de la FEÉSO, selon le président, visent à favoriser des tailles de salle de classe « raisonnables », à permettre aux étudiants d'accéder aux cours et à soutenir les étudiants qui ont des besoins spéciaux.

La Fédération souhaite également ajuster les salaires des enseignants et du personnel de l'éducation à l'inflation et au coût de la vie.

Les propositions de la FEÉSO seront bientôt disponibles en ligne et bénéficieront de mises à jour régulières tout au long du processus de négociation.

Dénonce des tactiques du gouvernement


Harvey Bischof a profité de sa sortie publique pour dénoncer les tactiques du gouvernement lors de ces négociations.

« Le gouvernement dit être engagé dans des négociations de bonne foi alors qu’il fait exactement l’opposé », a-t-il dénoncé lors d'un point de presse.

« [Le gouvernement] a essayé de saboter et de dérailler les négociations avec des tactiques de délai, l’introduction de nouvelle législation qui interfère de façon inappropriée avec la portée des négociations, et a délibérément ignoré la législation qui gouverne les négociations du secteur scolaire. »

Il a également dénoncé les diverses mesures de compressions budgétaires prises par le gouvernement Ford dans le domaine de l'éducation.

« L’impact se ressentira pendant des années », insiste-t-il.

Le ministre de l'Éducation ontarien Stephen Lecce, pour sa part, a déclaré en réaction à cette annonce : « J'ai régulièrement répété durant plusieurs mois que je souhaite parvenir à un accord qui fournit prévisibilité et certitude aux étudiants, aux parents et aux éducateurs ».

« Mon équipe de négociation continuera de se réunir avec la FEÉSO - et tous nos autres partenaires syndicaux - avec la mission singulière de parvenir à un accord qui garde les étudiants en classe », a-t-il dit.

Autres négociations en cours


L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), elle, n’en est encore qu’au début des négociations avec les autres parties pour identifier les sujets à la table de négociation centrale.

Un autre syndicat, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente 55 000 employés de soutien dans les écoles de la province y compris des francophones, a annoncé que ses membres comptent commencer à faire la grève du zèle dès lundi prochain.

Faire la grève du zèle consiste à suivre le contrat à la lettre et faire chaque tâche de travail scrupuleusement afin de ralentir le total des opérations.

Aucun des syndicats représentant les enseignants et le personnel éducatif en Ontario n'a conclu d'entente de principe avec la province jusqu'à maintenant.

Ce texte a été publié sur CBC/Radio-Canada

Monday, August 12, 2019

L'Ontario annonce l'élargissement d'un tronçon dangereux de la route 3


La ministre des Transports Caroline Mulroney, accompagnée du député de la circonscription de Chatham-Kent-Leamington Rick Nicholls, a annoncé l’élargissement prévu de la route 3 entre Essex et Leamington le 12 août 2019. / Photo: Marguerite Gallorini
La ministre des Transports Caroline Mulroney a annoncé l’élargissement tant attendu de la route 3 lors d'une conférence de presse lundi matin à Leamington.

La ministre Caroline Mulroney a annoncé l'engagement du gouvernement de l'Ontario à élargir la portion de route entre la ville d’Essex et l’ouest de Leamington, qui passera de deux à quatre voies, et dont les travaux devraient débuter en 2021.

Cette annonce ferait partie d’un plan d’élargissement de la route entière, qui devrait s’opérer en plusieurs étapes.

Les préparations avant les travaux d’élargissement auraient déjà débuté, selon la ministre : le gouvernement serait en train de solliciter des offres compétitives afin de s’avancer vers les préparations dans un futur proche.

« On a engagé un consultant environnemental pour adresser les questions qu’on a sur ce projet, » a-t-elle confirmé à Radio-Canada. L’acquisition de certaines propriétés dans la ville d’Essex aurait également commencé.

Elle n’a cependant pas donné de nombre quant au budget accordé au projet ou d’estimation de coût, « afin que l’appel d’offres reste compétitif ». Cette information devrait être rendue publique une fois qu’un contrat sera attribué.

Mme Mulroney a aussi annoncé un projet de revêtement d’une portion de la chaussée sur six kilomètres, entre la route de comté 34 à Essex et la route 77 à Leamington, qui sera réalisé dans le cadre d’un contrat différent. Les contrats pour le revêtement de la route seront attribués en 2021.

« Promesse faite, promesse tenue »

L'élargissement de la portion de la route 3 entre la ville d’Essex et l’ouest de Leamington était une promesse électorale de Doug Ford et beaucoup avaient été déçus de voir que le budget de mars 2019 ne prévoyait rien pour la route 3.

« Dès le premier jour, nous nous sommes engagés à améliorer la sécurité routière et à faciliter la circulation pour les familles et les entreprises en mettant en œuvre des projets dans le domaine des transports aux quatre coins de la province », a déclaré Caroline Mulroney.

« Je veux savoir d'où cet argent vient, et je veux savoir s’il est à la banque, prêt à être utilisé », a pour sa part déclaré le député néo-démocrate d'Essex Taras Natyshak. « On n’a plus de patience avec ce gouvernement. On en a besoin aujourd’hui. »

Gary McNamara, maire de Tecumseh, était plus optimiste : « On nous dit d’avoir un peu de patience, ça prend un peu de temps pour certainement établir des ingénieurs. [... ] 2021, ce n’est même pas 18 mois dans le futur. » Il se dit confiant que le prochain budget du gouvernement administrera des moyens pour ce projet.

Un problème qui ne date pas d’hier

Selon les chiffres des services d'urgence, ceux-ci ont reçu 193 appels d’urgence en rapport avec des collisions sur la portion de route entre la route 8 à Essex et la route 77 à Leamington entre 2013 et 2017. 

Entre 1995 et 2015, 11 accidents mortels ont été reportés sur la portion à deux voies de la route 3.

Le projet d’élargissement de la route 3 avait déjà été approuvé par le gouvernement ontarien en 2006, mais il n’avait jamais été mis en oeuvre.

Le député néo-démocrate Taras Natyshak se désole: « Tout ce que nous avons entendu aujourd’hui, c’est qu’ils sont engagés sur ce projet : c’est ce que nous avons entendu de la part de tous les gouvernements depuis 20 ans. »

L'événement de lundi matin s'est déroulé en présence des maires de Windsor, Lakeshore et Essex, d'agents de police, et du député conservateur de Chatham-Kent-Leamington, Rick Nicholls.  

Un centre d’information pour la communauté devrait être disponible prochainement, mais aucune date définitive n’a été donnée.

Cet article a été publié sur CBC/Radio-Canada

Wednesday, May 29, 2019

Bill Clinton Concludes PrezFest

PrezFest is now over in Charlottesville. The three-day event focused on many topics related to the presidency, including race relations, foreign policy, and even social media and comedy. On its last day, as WMRA's Marguerite Gallorini reports, one of the panels focused on women in leadership and the glass ceiling. The festival then concluded with remarks by former president Bill Clinton.
The United States still has not had a woman in the White House. The glass ceiling persists, but it is not unbreakable, and things are slowly changing. Here’s Jennifer Lawless, Commonwealth Professor of Politics at UVA, on the current presidential race.

(L to r) Barbara Perry, Gerald L. Baliles Professor at the Miller Center (moderator); Margaret Brennan, host of CBS News' Face the Nation; Anita McBride, former chief of staff under Laura Bush; and Jennifer Lawless, Commonwealth Professor of Politics UVA.
JENNIFER LAWLESS: What I do find heartening about this though is that the women who have decided to run are not all the Hillary Clintons of the world. They don't all have every single political background and experience and credential. Which suggests that women are getting to the point where they're throwing their hats into the ring because they think they're as qualified as similar men who also have not done every single thing out there. And I think that sends a really important message moving forward.
Former president Bill Clinton provided the final remarks 
to mark the end of this three-day Presidential Ideas Festival, 

in which he addressed issues such as the trade war, diversity,
immigration, 
and the need to continue striving for
"a more perfect union."
The Presidential Ideas Festival then concluded with remarks from former president Bill Clinton, who talked about the importance of diversity.
BILL CLINTON: Diverse groups committed to the rule of law and believing in growing 'We the People,' will make better decisions over any relevant amount of time than homogenous groups or even lone geniuses. We need the president to speak for a bigger 'We the People,' not a smaller one.

This story appeared on WMRA News.

Thursday, December 6, 2018

Former Ambassador Talks Bush, Trump and Foreign Policy at Miller Center

Former Ambassador John Negroponte (right) discussed the state of the country's current foreign policy with UVa's Provost for Global Affairs Stephen Mull (left) at the Miller Center of Public Affairs in Charlottesville.
/ Photo: Miller Center Facebook Page
On Tuesday [Dec. 4] former ambassador John Negroponte visited the Miller Center to discuss America’s role in the world, President Trump’s take on foreign policy, and his own 40-year experience. WMRA’s Marguerite Gallorini reports.
John Negroponte has been the ambassador to Honduras, Mexico, the Philippines, the United Nations, and Iraq. He was also Deputy national security advisor to President Ronald Reagan, and the first Director of national intelligence under President George W. Bush. But he also worked under George H. W. Bush – and so he started the conversation by giving a few words on the late President.
JOHN NEGROPONTE: For George Bush, I think, a lot of foreign policy and a lot of his life was about relationships. He cultivated them, he nurtured them - and I’m not saying in some kind of superficial or, you know, just a guy who cares about his rolodex - no: somebody who really cared about other people, and he reflected that not only in his personal life but in his conduct of relations with other countries.
Fast-forward to today. Now, at the halfway point of the Trump administration, what does John Negroponte think about the state of American foreign policy?
NEGROPONTE: It’s a little bit like a fire or a flood going through your house, and it really boils down to the question of "How much damage has really been done?" Well, I don’t think it’s a total loss, and I think it can be fixed.

This story appeared on WMRA News

Tuesday, October 9, 2018

Guatemalan Refugee Seeks Sanctuary in Charlottesville Church

On Monday, María Chavalan’s attorney Alina Kilpatrick, her support team, and community representatives held a press conference at Wesley Memorial United Methodist Church in Charlottesville,
where María was granted public sanctuary. / Picture: Marguerite Gallorini
María Chavalan is from a persecuted ethnic group in Guatemala. She fled to the U.S. in 2015. Now, ICE is pressuring her to buy a ticket back to Guatemala, but she is pleading her case in court, and seeking sanctuary in a church in Charlottesville. WMRA’s Marguerite Gallorini attended her press conference yesterday.
María Chavalan is not alone: that was the rallying cry yesterday at the Wesley Memorial United Methodist Church in Charlottesville, where she asked for sanctuary. Indeed, ICE [Immigration and Customs Enforcement] has ordered her to go back to Guatemala without even giving her a chance to claim asylum. Here's her attorney, Alina Kilpatrick, explaining the situation.
ALINA KILPATRICK: Maria did not receive notice of her court date. She actually has a really good case for asylum, but she hasn't been able to present that case for asylum because ICE neglected to put a date and time on her notice to appear, as is required by law. We're here because of the legislated racism that is the Immigration and Nationality Act. I am here to stand up to this administration and do everything I can within the law and fight them, and lobby them, everything possible until María and all of my other clients are safe and free.
This press conference took place yesterday on Columbus Day. María Chavalan, through the help of translator Flor López, said a few words as well.
MARÍA CHAVALAN (interpreted by FLOR LÓPEZ):  I don't feel like I am an immigrant on my own continent. All my ancestors are from this continent. Many years ago, when the colonizers came from other places, we received them and welcomed them. So, I came here to the United States because I was not feeling safe in my country.
This story appeared on WMRA News.

Wednesday, September 12, 2018

Brett Kavanaugh: Outlook for SCOTUS from the Miller Center

At the Miller Center Tuesday, Sept. 11, Supreme Court expert Barbara Perry (l) interviewed UVA law professors Saikrishna Prakash (c) and Micah Schwartzman (r) about the makeup of the new court. /
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The nomination of Judge Brett Kavanaugh to take the place of Justice Anthony Kennedy was the subject of a forum at the Miller Center yesterday. Supreme Court expert Barbara Perry talked about the makeup of the new court with UVA law professors Saikrishna Prakash and Micah Schwartzman. WMRA’s Marguerite Gallorini reports.
Justice Kennedy was seen as a swing vote – or deciding vote – especially on social issues, as UVa Law professor Micah Schwartzman explains.
MICAH SCHWARTZMAN: He was a conservative centrist: on a range of cases, he really was the deciding vote. You might have expected him to side with a conservative majority to reject abortion rights in Roe v. Wade, but he didn't do that; you might have expected that he would side with a conservative block too to eliminate affirmative action, but he didn't quite do that. Justice Kennedy voted with the liberals on the Court to narrow the scope of those rights but not to reverse them outright. The question will be: What happens to those rights after he is gone?
The balance of the Court will shift with a new member. So could that affect what we call "settled" laws?
SAIKRISHNA PRAKASH: The idea that everything that we have now will be with us forever, I think, is not borne out by any experience.
This is Saikrishna Prakash, another UVa Law professor and Miller Center senior fellow.
PRAKASH: Micah mentioned one case last term: the controversial case of union fees, where they overturned a case involving the First Amendment. That's going to happen on both the Left and the Right. I think what people are most concerned about is Roe v. Wade, and they have reason to be concerned.
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Friday, September 7, 2018

Miller Center Talk: 1967 Riots and the Kerner Commission

Historian Steve Gillon spoke at the Miller Center in Charlottesville Thursday, Sept. 6 to discuss his new book about the Kerner Commission and the investigation into riots that swept the country in 1967./ Youtube Snapshot

More than 50 years ago, race riots swept across the United States during what became known as the “long, hot summer of 1967.” Historian Steve Gillon spoke at the Miller Center in Charlottesville Thursday to discuss his new book about the appointed by President Lyndon to investigate the unrest. WMRA’s Marguerite Gallorini reports.
In July 1967, race riots in Newark and Detroit lasted several days, and killed and injured hundreds of people. The National Advisory Commission on Civil Disorders was set up, and a team of social scientists were stunned by what they saw on the field, says author Steve Gillon:
STEVE GILLON: These field reports are intensely critical of the police. They show that the one common thread that ran through all of the riots: that everybody who participated in the riots either was a victim of police brutality or had witnessed police brutality.
The commission issued its report in 1968. While its overall proposals were largely disregarded by President Johnson, some of its recommendations on law enforcement did have an impact.
GILLON: There is a real effort, after 1968: a number of police organizations meet with members of the commission, they take their recommendations seriously and they incorporate them. One of the central recommendations that the commission had was that the police not be militarized, and that when events take place, there are ways of controlling without bringing in tanks. There was a positive impact of the commission on policing; I think it’s – we’re going backwards in some ways.
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